Une bulle à l’extérieur du temps et de l’espace juillet 11, 2008
Posted by narcissisme in Carnet de voyage.1 comment so far
Je n’écris pas beaucoup. En fait, c’est les premiers mots qui sortent de ma cervelle depuis le début du voyage. Je suis présentement dans une banlieue cossue de Paris, à des milliers de kilomètres de tout ce que j’ai vu, ce que j’ai ressenti en Inde. Je découvre les merveilles du vieux continent après avoir vu les bas-fonds de Delhi. C’est un sentiment assez étrange. J’essaye le plus possible de faire une ligne entre les deux et de prendre mes étapes de voyages en tant qu’entités séparées non reliées l’unes à l’autres.
Depuis un mois et demi, je suis dans une bulle, à l’extérieur du temps et de l’espace. De temps à autre, mon isolement temporel est rompu par un quel conte évènement. Depuis quelques jours, c’est la « peur » du retour qui me perturbe quelque peu. Ici, je suis loin des problèmes routiniers qui occupent ma vie courante, loin des gens qui perturbe mon harmonie. Je ne m’en fais pas trop, mais justement, ces personnes semblent, de par delà l’océan préparer une attaque en règle, décidés à continuer la lutte sans relâche commencée avant mon départ, son départ…
Je paranoïde peut-être, sûrement. Juste l’idée de perdre le petit cocon, le doux confort si difficilement créé et tant recherché est suffisamment épeurant pour me faire perdre la raison. Enfin, il est très tard et mon esprit s’amuse à fabuler, je l’espère. Les choses ont changées, la vie suit son cours et le futur, je devrai l’affronter, même si cela signifie recommencer la bataille. Qui sait? Après tout, je pourrai peut-être la gagner.
Je crois sincèrement que l’Inde m’a donné plus de sagesse, probablement une plus grande patience aussi. J’y ai vu tellement de choses dont je ne réussis même pas à mettre en mots (pour l’instant) que, forcément, ça paraîtra un jour ou l’autre dans ma façon d’agir avec les gens, avec eux.
Après tout, pourquoi s’en faire? Il reste encore plus de deux semaines et pleins de choses à découvrir avant de retourner chez moi. Se soucier de choses incertaines équivaudrait à saboter le reste de ce merveilleux périple que j’ai entrepris au bout du monde, au bout de moi.