Par la fenêtre un jour de pluie. juin 9, 2009
Posted by narcissisme in mélancolie.trackback
J’aime la ville les jours de pluie, l’ambiance qui y règne, le bruit de l’eau ruisselant dans les caniveaux, le ciel qui aborde la même couleur que le béton mouillé des trottoirs. J’aime le bruit des automobiles fonçant en trombe sur la chaussée détrempée. J’aime la ville les jours de pluie.
Par ma fenêtre, je regarde les passants sous leur grand parapluie courir à la recherche d’un meilleur abri. Je regarde les amoureux, naïfs, s’embrasser passionnément pendant que tout autour le tonnerre gronde. Persuadés qu’aucun élément de la nature ne pourra venir à bout de leur amour. Pas même le temps, pas même le vent du nord. Par ma fenêtre, je regarde tout simplement les gouttes d’eau tomber dans les marres sur le pavé, créant dans l’eau naguère stagnante une onde de choc répétée aussi longtemps que la pluie tombera du ciel.
Je pense à ces journées d’automnes qui arriveront avant même d’avoir réalisé que les lilas printaniers auront fanés. Je pense à mon futur, à mon passé. Je pense aux décisions que j’ai prises, à celle que vais prendre. Je pense à cet avion qui, il y a un an déjà, m’a amené à l’autre bout de la terre vers des paysages encore inconnus, des endroits à découvrir et des gens à rencontrer. Je pense qu’un an auparavant, c’est à des lieux d’ici que je regardais la pluie tomber. Encore quelque fois, malgré moi, je pense à cette femme maintenant inconnue qui me fut jadis si familière. Je pense aux instants de vie partagés avec elle et, le temps d’un cours instant, mes pensées vagabondes, se divisent en différents scénarios, en plusieurs « que serait-il arrivé si… »
Et puis, la pluie s’arrête, mais le ciel reste gris. Je quitte ma fenêtre et retourne vivre dans cette réalité, dans ce présent si ennuyeux.
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