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Dehradun-Delhi (Écrit le 19 août) septembre 6, 2008

Posted by narcissisme in Carnet de voyage.
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Le soleil vient à peine de se lever, la nuit orageuse fait place à un petit matin gris et maussade. Le voyage tire à sa fin et nos traits tirés témoignent de la fatigue qui commence à nous habiter. Dans un train comme les autres, quatre Québécois entreprennent le dernier déplacement avant de quitter ce pays qui les aura tant marqués. Dans la campagne Indienne, encore loin des bidonvilles indiquant l’arrivée prochaine à Delhi, je fais mine d’écouter de la musique en essayant tant bien que mal de me divertir. Le voyage est long et le train est, comme à l’habitude, bondé. En deuxième classe, il est évident que quatre blancs attirent l’attention et piquent la curiosité des autres passagers, tous indiens il va sans dire. Certains nous dévisagent, d’autres, plus courageux, osent venir nous parler en nous adressant parfois dans un anglais parfait, parfois dans un anglais plus que douteux. Les heures avancent et la matinée est maintenant bien engagée. La température et l’humidité augmentent sans cesse. J’ai bien hâte d’arriver à destination et renouer avec le chaos de cette étrange capitale où le désordre omniprésent règne en roi et maître. À ma droite, une petite fille m’observe attentivement depuis plus d’une heure. De temps en temps, je lui fais un sourire et elle, trop timide, détourne son regard aussitôt. Après quelques temps malgré sa gêne, ce petit rituel devient un jeu entre elle et moi. Elle me regarde, je lui souris elle détourne le regard, mais aussitôt se ravise et éclate de rire. Cela continu pour plusieurs minutes. Lorsque je juge le moment opportun, je lui demande en anglais quel est son nom. Sa mère me répond que la fillette ne parle pas beaucoup anglais comme elle n’a que quatre ans, mais elle se propose comme interprète improvisée. De fil en aiguille j’en apprends sur elle. Nous partageons des comptines qu’elle me chante en Hindi moi je lui en appends en Français. Nous sommes même capables de chanter à l’unisson la chanson anglaise  Twinkle, twinkle little star.

-Twinkle, twinkle little star, how I wonder what you are? Up above the world so high, like a diamond in the sky. Twinkle, Twinkle little star how I wonder what you are?

Elle me récite parfaitement l’alphabet en Anglais et tente sans succès de me l’apprendre en Hindi. Je fais la même chose en Français. Nous sortons tous les deux avec la conviction profonde que nos langues maternelles respectives sont complètement impossibles à prononcer.

 Nous discutons soudain de tout et de rien. Elle est une gamine allumée et joyeuse. Après avoir rencontré si souvent de la misère, des enfants sans famille, sans abris voulant de l’argent ou encore juste un peu de nourriture pour pouvoir survivre une autre journée, il me faisait un bien impossible à imaginer de rencontrer une petite fille si enjouée, si heureuse.

Quelques minutes avant l’arrivée, elle me pose une dernière question. Elle veut savoir si au Canada j’habite avec mon père et ma mère. Je lui réponds que oui. Soudain, son visage semble vieillir d’un seul coup. Après un moment de silence, elle me dit que je suis chanceux car, elle son père est mort quand elle avait deux ans et que tous les jours elle s’ennui de lui. Je sens une grande peine dans sa petite voix. Le train s’arrête, elle me fait quand même un dernier sourire en guise d’adieu, je lui retourne et la masse de personne sortant du train me la fait perdre de vue. Je quitte la gare et me dirige vers mon hôtel. Il reste trois jours avant de quitter ce pays si touchant, si humain. Dans tout ce que l’humanité peut offrir. Pour la première fois, je réalise que j’ai changé. Je réalise qu’à mon retour je ne serai plus le même.

 

Chez moi août 2, 2008

Posted by narcissisme in Carnet de voyage.
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Des sirènes de polices déchirent la nuit. Oups, la soirée car il n’est même pas vingt-deux heures. Je m’étais habitué aux soirées parisiennes ou le soleil ne se couche que vers vingt-deux heures trente. Je m’étais aussi habitué aux sons des sirènes européennes, je m’étais habitué à l’Europe ou à l’Inde. Maintenant, je dois me réhabituer à retrouver mes choses, mon chez-moi, ma ville. Cela faisait deux mois que je me promenais de ville en ville avec seule possession mon sac à dos et son contenu.

 

Comme dit la chanson : «  je reviens à Montréal, le corps tatoué de visages. »

 

Mon voyage est encore trop frais et, pour dire la vérité, je suis incapable d’en tirer une réflexion organisable en mots. Un jour ça viendra. Pas maintenant…

 

Je reviens, j’ai une otite et je suis sur antibiotiques alors pour les grandes réflexions il faudra attendre un peu. En ce moment ça ne me tente pas. Dans ma tête, je suis toujours sur la plage à Barcelone…

Une bulle à l’extérieur du temps et de l’espace juillet 11, 2008

Posted by narcissisme in Carnet de voyage.
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Je n’écris pas beaucoup. En fait, c’est les premiers mots qui sortent de ma cervelle depuis le début du voyage. Je suis présentement dans une banlieue cossue de Paris, à des milliers de kilomètres de tout ce que j’ai vu, ce que j’ai ressenti en Inde. Je découvre les merveilles du vieux continent après avoir vu les bas-fonds de Delhi. C’est un sentiment assez étrange. J’essaye le plus possible de faire une ligne entre les deux et de prendre mes étapes de voyages en tant qu’entités séparées non reliées l’unes à l’autres.

 

Depuis un mois et demi, je suis dans une bulle, à l’extérieur du temps et de l’espace. De temps à autre, mon isolement temporel est rompu par un quel conte évènement. Depuis quelques jours, c’est la « peur » du retour qui me perturbe quelque peu. Ici, je suis loin des problèmes routiniers qui occupent ma vie courante, loin des gens qui perturbe mon harmonie. Je ne m’en fais pas trop, mais justement, ces personnes semblent, de par delà l’océan préparer une attaque en règle, décidés à continuer la lutte sans relâche commencée avant mon départ, son départ…

 

Je paranoïde peut-être, sûrement. Juste l’idée de perdre le petit cocon, le doux confort si difficilement créé et tant recherché est suffisamment épeurant pour me faire perdre la raison. Enfin, il est très tard et mon esprit s’amuse à fabuler, je l’espère. Les choses ont changées, la vie suit son cours et le futur, je devrai l’affronter, même si cela signifie recommencer la bataille. Qui sait? Après tout, je pourrai peut-être la gagner.

 

Je crois sincèrement que l’Inde m’a donné plus de sagesse, probablement une plus grande patience aussi. J’y ai vu tellement de choses dont je ne réussis même pas à mettre en mots (pour l’instant) que, forcément, ça paraîtra un jour ou l’autre dans ma façon d’agir avec les gens, avec eux.

 

Après tout, pourquoi s’en faire? Il reste encore plus de deux semaines et pleins de choses à découvrir avant de retourner chez moi. Se soucier de choses incertaines équivaudrait à saboter le reste de ce merveilleux périple que j’ai entrepris au bout du monde, au bout de moi.

Dans trois jours mai 29, 2008

Posted by narcissisme in Carnet de voyage.
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L’avion décollera pour m’amener à l’autre bout du monde. M’amener voir les charmes de l’orient, les bâtisses, les odeurs, les personnes, les charmeurs de serpents, les mendiants, les riches, bref, la vie loin de chez moi.

 

Dans trois jours, l’Inde m’appelle. Le plus gros voyage de ma petite vie, le plus ambitieux.

 

Ensuite, ce sera le vieux continent! Deux voyages en un, deux réalités.

 

Je commence mon carnet de voyage, nous sommes le jeudi 29 mai 2008 et il est une heure dix-huit du matin à Montréal.

 

It’s a go!