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Le temps a fait son oeuvre décembre 8, 2008

Posted by narcissisme in Nouvelle.
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Petite nouvelle directement dans la lignée du rat des ville, la fée des champs et de la suite (les deux sont disponibles dans mes bribes de vie passées)

 

Les premiers flocons de neige dansaient dans le ciel nocturne de la métropole endormie. Cette année encore, les lumières multicolores illuminant la froideur de décembre.

L’image le ramena littéralement à la même époque deux ans plus tôt. À ce moment, sa vie était à l’instar des flocons volant dans le ciel; elle s’envolait au gré du vent en s’éparpillant un peu partout. Depuis ce temps, bien de l’eau avait coulé sous les ponts et aujourd’hui, deux longues années bien remplies plus tard, il n’avait plus aussi peur de lui, peur de qui il est.

La vie et ses aléas, ses épreuves avaient forgé un caractère plus défini, plus fonceur chez lui. Ce que certains prenaient pour une désillusion, il le voyait comme une plus grande paix d’esprit, une plus grande sagesse envers sa propre personne, mais aussi envers sa compréhension du monde et des gens qui y habite.

Beaucoup de certitudes s’étaient évaporées pendant ces deux années. Des amis avaient traversé sa vie. Certains y étaient toujours, certains avaient préféré continuer leur route par une autre voie, décidant de prendre un autre chemin que le sien et d’autres, qu’il venait tout juste de découvrir, apprenaient à le connaître, à le comprendre.

Une ondine était aussi passée par là, laissant planer le spectre de la simplicité et de l’abandon mutuel dans le confort des bras qui enlacent, sans pour autant étouffer. Comme c’est, malheureusement, souvent le cas, les promesses sont restées vaines et, le temps a détruit l’amour et cicatrisé les blessures.

Une seule chose, constante et toujours présente persistait encore tel un vestige de son passé. L’amour du béton. Encore fort, presque viscéral, mais sans honte, sans gêne cette fois. Il aimait la ville, l’acier, le bruit des voitures et les rues bondées de passants les après-midi d’avril aux premiers rayons de soleil chaud annonçant le printemps naissant. Jadis, il s’en était voulu, jadis il avait détesté aimer la ville, jadis, cette fille l’avait rejeté pour cette raison. Mais cette donzelle justement, elle était retournée dans sa campagne pourrie, elle était partie. Lui, il était toujours là, présent.

Il prit une grande inspiration de façon à sentir pleinement l’air froid et humide empli d’odeurs urbaines. Les effluves si familiers et pourtant indescriptibles. Un mélange de démesure titanesque auquel on aurait ajouté une bonne dose de rêves brisés et d’âmes en peine à la recherche d’un idéal inatteignable.

Perdu dans ses pensées, il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser que son portable vibrait quelque part dans le fond de sa poche. Le message l’attendant venait  d’une gamine fraîchement rencontrée. Bien qu’il ne savait pas trop où toute cette histoire allait mener, la môme avait pour particularité de partager la même fascination que lui pour l’acier, pourtant si froid. Cette similitude, pour l’instant, lui suffisait amplement, pour la suite, peut-être faudra-t-il attendre encore deux autres années avant de le recroiser et de savoir.  

La nuit enneigée faisait tranquillement place à un petit matin gris se fondant en symbiose avec les grands édifices, contrastant la blancheur de la neige tout juste tombée. 

 

Comme autrefois, il s’enfonça sous terre à travers une bouche de métro, mais cette fois, en regardant bien, un sourire timide et pouvait être aperçu sur ses lèvres.